« Aider » la nature en hiver ?

Pourquoi « aider » la nature en hiver, faut il intervenir auprès des animaux normalement sauvages ? Dans leur milieu naturel, ces animaux trouvent d’habitude tout seul le gîte et le couvert, à l’inverse des animaux domestiques. Doit on alors intervenir au risque de les « domestiquer » ?

En effet, ces animaux devraient trouver abris, cachettes, nourritures, réserves, etc… mais c’est sans compter les nombreuses perturbations qui les affectent :

un nichoir, un abri pour l’hiver !
  • le changement climatique perturbe de plus en plus les rythmes saisonniers
  • la perte d’habitat (haies, zones humides, talus, sous-bois, prairies…) limite les ressources en nourriture et les abris
  • l’effondrement des populations d’insectes réduit la ressource alimentaire de nombreux de leurs prédateurs
  • le morcellement des espaces naturels rend plus difficile l’accès aux zones de nourriture et d’hibernation

Autant de contraintes, dont l’homme est souvent à l’origine, qui font que finalement, oui, une aide est parfois nécessaire, surtout en période de grand froid, de brusque variation de la météo, d’épisodes de mauvais temps répétés… Une aide en 3 temps :

  • proposer des abris adaptés
  • de la nourriture de qualité et aux moments adéquates
  • de l’eau saine

Les oiseaux du jardin

Pour les oiseaux, on peut trouver pratique les boules de graisse prêtes à accrocher, mais cette graisse est souvent de mauvaise qualité, et ne répond pas aux besoins nutritionnels. Préférez leur des mélanges de graines, ou même simplement des graines de tournesol (pour oiseau, brute, et surtout pas des mélanges salés). On peut même trouver des cœurs floraux à accrocher simplement dans son jardin.

Vous pouvez les disposer dans une mangeoire abritée, qui évite le développement des moisissures. Entre chaque remplissage,attendez bien que la mangeoire soit vide, ou nettoyez bien pour éviter l’apparition de germes pathogènes qui pourraient se transmettre aux visiteurs. Les graines de tournesol ont un avantage, « emballées » dans leur coque, elles sont prises et emportées une à une par les oiseaux qui vont les décortiquer et les manger plus loin, perchés sur un arbre, et éviter ainsi de trop gros attroupements.

Le but n’étant pas de rendre les oiseaux de votre jardin « dépendants », ne nourrir qu’à partir des premières gelées, et faire varier les apports en fonction des conditions météo, pour inciter les oiseaux à chercher leur nourriture dans leur environnement. A l’arrivée du printemps, réduire progressivement les apports, mais pas brusquement. Pendant l’hiver, les ressources naturelles se sont souvent taries, et il faut que la nature « reprenne » vie pour que les animaux y retrouvent de la nourriture.

Et pendant tout l’hiver, toujours proposer une source d’eau claire, surtout en période de gel, où l’eau liquide se fait rare !

Pendant tout ce temps, pensez à observer ce petit monde de la mangeoire, en comptant les oiseaux pour le projet Oiseaux des Jardins, et pourquoi pas en modélisant leur activité avec le projet BirdLab ! 2 projets de sciences participatives qui permettent aux scientifiques de mieux connaitre les oiseaux communs !

C’est le moment aussi d’installer les nichoirs, les oiseaux pourront les repérer pur le printemps, et même les utiliser comme abri pendant les périodes de grand froid ou très humides !

Un hérisson dans mon jardin !

Autre petit animal des jardins, très discret, le hérisson peut avoir besoin de vous ! Le hérisson va passer les moments froids de l’hiver en hibernation, vous pouvez donc lui proposer des petits abris : tas de bûches avec un espace en dessous, caisse retournée, ou même une petite cabane sur-mesure ! L’important est de rendre l’abri étanche à la pluie en y disposant sur le dessus des tuiles, un vieux morceau de plaque de toit,… Le hérisson aménagera lui même sont intérieur, laissez lui à disposition des feuilles mortes, du foin… qu’il transportera à l’intérieur pour faire un nid douillet.

Construction d’un abri à hérisson

Pour ce qui est de sa nourriture, le hérisson a un régime carnivore varié : mollusques, insectes, vers… il faut éviter de les nourrir avec des croquettes pour chat qui ne répondent pas à ses besoins, et surtout pas de lait, qui peut provoquer des diarrhées fatales. Préférez laisser dans votre jardin une bande non tondue le long d’une cloture, une haie diversifiée dense, etc… des endroits où il pourra « fouiller » et y dénicher un escargot, quelques insectes, des vers…

Enfin, le hérisson a besoin de parcourir un territoire assez vaste. Si vous avez un jardin clôturé, vérifiez qu’il y ait des « trous » de passage d’environ 10x10cm et si ce n’est pas le cas, installez-en ! Il existe des petits dispositifs à placer sur les clôtures pour permettre ces passages et éviter que la clôture « s’effiloche » ou que le trou ne soit agrandit par un chien ou autre animal.

Pour savoir si un hérisson habite dans votre jardin ou le visite de temps en temps, réalisez la mission hérisson, qui consiste à « capturer » les empreintes de son passage !

Et si pendant l’hiver, vous voyez en période de redoux un hérisson en « balade », c’est tout à fait normal, il profite de l’accalmie hivernale pour reconstituer un peu ses réserves ! Par contre si c’est en période de froid, ou que l’animal vous semble très maigre (moins de 300 grammes) c’est certainement un jeune de l’année qui n’a pas pu constituer des réserves de graisses assez importantes pour passer l’hiver, contacter rapidement un centre de soin de la faune sauvage pour demander conseil et si nécessaire leur confier l’animal.

Des abris pour les « petites bêtes » !

Dans votre jardin, pensez aussi aux amphibiens, lézards, insectes… pour qu’ils y trouvent des zones propices pour leur repos hivernal : tas de bois, vieilles tuiles empilées, haie dense… sont autant d’abris qui leur permettront de passer l’hiver !

A la sortie de l’hiver, les animaux auront besoin de reprendre des forces, surtout que la période de reproduction arrive très rapidement. Pendant l’hiver,c’est donc le moment de réfléchir à un jardin de biodiversité :

talus fleuris
  • préparer des jachères fleuries avec des espèces locales et une production de nectar étalée dans le temps,
  • prévoir des zones sans tonte
  • installer une haie diversifiée (aubépine, petits fruités sauvages, prunelliers, …)
  • laisser une zone de lierre et d’orties
  • prévoir une petite mare, ou un petit point d’eau

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